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Charentes
Financement original pour la Maison Médicale de Mérignac (16) La commune de moins de 700 habitanst a trouvé les moyens techniques et financiers pour offrir à ses habitants des services médicaux dignes d’un chef lieu de canton.
La désertification des campagnes entraîne le départ de services publics qui, eux-mêmes, amplifient cette désertification. La Poste qui multiplie les fermetures de bureaux dans les petites communes en est, l’exemple type. C’est un cercle vicieux que la privatisation rampante ou affichée de ces services ne fait qu’amplifier. Il en est de même pour les services médicaux. Le numerus clausus réduisant le nombre des étudiants admis dans les facs de médecines françaises à partir des années 80, a provoqué un manque criant de professionnels de santé dans les campagnes, les médecins généralistes trouvent difficilement des successeurs pour reprendre leurs cabinets. En effet, les jeunes médecins préfèrent s’installer en ville, y trouvant des conditions de travail et de rentabilité plus propice à leurs ambitions.
Devant le manque de candidatures pour la reprise par de jeunes médecins de cabinets de campagne, certaines se désolent, croisent les mains, les doigts et finalement se découragent. Or si l’on souhaite attirer des familles sur sa commune il est indispensable de leur offrir quelques services de proximité : école, garderie, commerce multiservices ne sont pas tout, même s’ils contribuent à l’implantation familiale. un médecin, une pharmacie, des infirmières assurent le minimum de sécurité sanitaire attendu par les familles. L’union fait la force À Mérignac, commune de 700 habitants à quelques kilomètres de Jarnac, en Charente, l’on disposait déjà d’une pharmacie, de deux médecins, d’un cabinet d’infirmières et d’un kiné depuis bien des années. Mais M. Roblin, le pharmacien souhaitait s’agrandir et envisageait de s’installer ailleurs s’il ne trouvait pas de solution sur place. L’un des deux médecins, le Dr Conte, voulait créer un cabinet commun avec une collègue, Mme Martin, et pouvait également quitter. la commune. Devant cet état de fait et face à l’immobilisme des institutions, à commencer par la Communauté de Communes du Jarnacais qui ne voyait pas l’intérêt de créer une maison médicale à Mérignac puisque Jarnac offre déjà ces services, le maire de Mérignac, Guy Rougier et son conseil municipal unanime, ont opté pour une solution originale. Le pharmacien disposant d’un terrain pour y construire une nouvelle pharmacie en a cédé une partie à la commune pour y bâtir la maison médicale. La municipalité s’est alors tournée vers les professionnels intéressés : kinésithérapeutes, médecins, infirmières et dentistes afin que chacun détermine, selon ses capacités financières, la surface de cabinet dont il aurait besoin. Cette surface déterminant au montant du loyer à payer par la suite. Ainsi fut déterminée la surface totale de la maison médicale dont le coût de construction et d’aménagement est entièrement couvert, pour sa part communale, par les loyers. Le reste étant financé par des subventions Lancée en 2007, la construction s’achève, retardée par la défaillance d’une entreprise, d’ailleurs coutumière des retards dans ses travaux. Mais les trois mois occasionnés sont autant de manque à gagner dans les loyers pour la commune et les locataires. Si le kiné était déjà installé début février, les autres ne sont entrés dans leurs murs début mars. Ergonomie et investissements Pour Antoine Amiot, le kiné, la formule « m’a permis de pouvoir étudier de quelle manière agencer efficacement mon local. J’ai pu déterminer les espaces réservés à la musculation, aux massages, aux exercices de manière à pouvoir accueillir un associé sans avoir de problème de répartition des espaces. Il en a été de même pour mes collègues médecins, infirmières et dentiste dont chacun a pu optimiser dès la conception sur plan les surfaces dont il avait besoin. Ce fut également l’occasion d’investir dans du matériel neuf et performant. » En fait, le seul praticien à ne pas résider déjà sur la commune est le Dr Diop, le dentiste, qui exerçait jusque-là dans le cadre de l’hôpital Girac d’Angoulême. un reportage télévisé sur le projet de Mérignac lui a donné l’occasion de répondre au besoin de la commune. L’atout de la proximité « Il ne s’agit pas d’un pari hasardeux, affirme Guy Rougier, mais d’une opération réfléchie destinée à favoriser le maintien sur la commune de notre population, voire d’attirer des personnes pour lesquelles un service médical de qualité est important. Qu’il s’agisse de jeunes ménages avec des enfants ou de personnes âgées ayant des difficultés à se déplacer, cette proximité est un atout. D’ailleurs, nous avons des appels d’autres communes à travers la France nous demandant des renseignements sur notre montage. » La petite commune charentaise apporte donc à sa façon une certaine réponse à la lutte contre la désertification des campagnes. La conception mérignacaise n’est pas forcément transposable partout, mais elle offre l’avantage de n’être onéreuse pour personne et de limiter les risques en matière d’investissements. La commune voit ses emprunts couverts par les loyers ; Les professionnels adaptent leurs engagements à leurs possibilités financières. La Maison Médicale de Mérignac a été inaugurée au printemps de cette année ... après les élections. |
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