L’une des plus belle aventure industrielle de la région a débutée entre 2 portes en 2001. Si Jacques Barbier et Jean-pierre Estevez ne s’étaient pas croisés à la sortie d’une réunion, le projet de bio-carburant porté par SICA Atlantique n’aurait peut-être jamais vu le jour.
Lire la première partie de cet article
Au jour d’aujourd’hui, SICA entame la première phase industrielle –Bionergy Pilot - qui va permettre de produire 10.000 tonnes de son additif destiné au gazole.
Si tout continue à aller bien … car rien ne semble jamais acquis d’avance dans ce projet !
Cette mise en production permettra de relever les problèmes techniques d’un vrai site qui tourne, mais surtout elle permettra d’affiner les paramètres économiques de l’équation. Et donc de savoir si une telle usine est rentable ou non. Rentabilité qui dépend aussi –voire grandement- du contexte économique et énergétique mondial. Et le prix du pétrole sur les marchés n’est pas le seul opérande, le prix des graines en est une forte également.
En effet, il faut environ 2,5 tonnes de colza ou de tournesol (principales matières premières utilisées aujourd’hui) pour obtenir 1 tonne d’ester. Ce qui signifie que les 10.000 tonnes de liquide envisagées demandent 25.000 tonnes de graines, soit pour un rendement moyen de 2,5 tonnes à l’hectare un besoin de 10.000 ha (pour 450.000 ha consacrés en 2005 à la production de colza non alimentaire).
Et ces 10.000 tonnes d’ester ne sont que la production prévue pour 2008, le projet prévoit en effet qu’elle soit sextuplée en 2010 à 60.000 tonnes, si la première phase répond aux attentes.
Pour assurer ces approvisionnements, SICA a passé des contrats avec les producteurs ; et si d’aventure la totalité des réserves n’étaient pas consommées elles seraient utilisées pour fabriquer du Diester, un produit concurrent dont la marque appartient à Sofiproteol.
Pour commencer la production, l’entreprise va investir 14 M€ dans l’outil dont la première pierre devrait être posée le mois prochain. Cette chère installation devrait commencer à produire d’ici une année, si les fabricants du secteur oléo-chimique livrent les matériels commandés dans les délais. Ce qui ne semble pas garanti à 100% tant la demande (mondiale) est forte. L’usine, puisqu’il s’agit bien de cela, emploiera environ 25 personnes en 3x8 et la production sera placée sous la responsabilité d’un jeune ingénieur de 28 ans, Tarik Harzy.
Eventuellement, une unité de R&D sera ouverte si les 3 premiers mois –et les premiers tests- en font ressortir la nécessité ou l’opportunité.
Opportunité qui pourrait être générée par l’intérêt croissant de bon nombre d’autres pays, y compris émergents, qui sont déjà venu à La Rochelle et qui suivent de près les développements en cours.
En effet, toujours à cause de cette fameuse incertitude sur les coûts réels, il est tout à fait imaginable que SICA licencie son procédé à travers le monde : en 2003/2004, il a été produit un peu plus de 39 millions de tonnes de colza, notamment en Europe et au Canada, mais aussi en Inde et –bien sur- en Chine. Et les besoins en énergie propre, complémentaires ou se substituant au pétrole sont en croissance.
Autant dire que tous ces pays sont intéressés par un procédé moins cher, moins polluant et qui utilise une matière première accessible et renouvelable.
Note : Multival, le procédé détenu et exploité par SICA Altantique permet de produire un Ester Ethylique d’Huile Végétale (EEHV) sans recourir aux habituelles phases de pressage/triturage des graines. (Multival – 1 phase / Diester – 3 phases).
Il est donc plus économique, mais aussi moins polluant car il met en œuvre des éthanols végétaux et non pas du méthanol issu du pétrole.
Le procédé permet –en plus du EEHV- d’obtenir des tourteaux pour l’alimentation animale et de la glycérine utilisée dans l’industrie cosmétique ou parapharmaceutique.
Lire la première partie de cet article