Vert 

Pétrole vert àla Rochelle

L’une des plus belle aventure industrielle de la région a débutée entre 2 portes en 2001. Si Jacques Barbier et Jean-pierre Estevez ne s’étaient pas croisés àla sortie d’une réunion, le projet de bio-carburant porté par SICA Atlantique n’aurait peut-être jamais vu le jour.
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Lisez l’anayse de Céline Alléaume

Dans un contexte de protocole de Kyoto, d’augmentation du coût de la ressource pétrolière et de recherche d’énergie alternatives, la rencontre des hommes est survenue fort à propos. En effet, l’un est à la tête d’un laboratoire de recherche spécialisé dans la valorisation industrielles des huiles végétales qui a travaillé sur un brevet. L’autre dirige le second port céréalier de France et cherche à diversifier et étende ses activités. Autrement dit, l’un avait une solution pour valoriser les tonnes de graines manipulées par l’autre.
Peut être … en tout cas, il fallait essayer.
Car dans la réalité, tout n’est pas aussi simple. Entre une réaction chimique inventive et une production industrielle, il y a de nombreuses étapes à franchir. Etapes qui ont déjà coûté cher et pris beaucoup de temps. Et qui demanderont encore beaucoup de travail et de fonds avant d’être rentables. Si ce projet l’est un jour. Car cet aspect fondamental ne pourra être défini précisément qu’avec du temps et des efforts. Comme le disait Guillaume d’Orange, il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer.
Valagro, le laboratoire qui a travaillé sur le brevet Multival –dont il a la copopriété avec Limagrains- , a produit un échantillon, «  une une éprouvette », du précieux ester (composé organique résultant de la condensation d’une molécule d’alcool et d’une molécule d’acide avec élimination d’une molécule d’eau | cf Littré) ethylique.
Mais ce laboratoire de R&D n’a pas vocation à industrialiser le processus. Pour cela, il faut des installations lourdes et spécialisées. Et justement, SICA Altlantique dispose des réserves foncières pour les construire et de l’ambition de le faire.
Sans oublier la présence des réservoirs de l’entreprise Picoty qui importe environ 2,5 millions de tonnes de gazole par an … gazole qui nécessitera 150.000 T d’ester d’huile végétale pour être conforme aux nouvelles normes.
Mais avant de se lancer dans une aventure à grande échelle, il était nécessaire (… et demandé par les financeurs institutionnels qui ont versé plus de 680.000 €, dont 320.000 par la région) de valider que «  la technique de l’éprouvette » était applicable à «  quelques fûts », sur quelques centaines de litres. Cette validation a été confiée en 2005 aux laboratoires Rhodia de Melle qui disposent des équipements nécessaires (réacteur chimique de 16 M3) à la mise en œuvre d’un « gros » pilote pré-industriel. Les ingénieurs et techniciens, de 2 à 5 personnes selon les phases, ont pu apporter beaucoup de réponse dont la plus importante était qu’une production à plus grande échelle était possible, avec 3 variations, du procédé Multival.
Mais beaucoup de réponses ne sont pas toutes les réponses …
Notamment en terme de processus industriel. Il a donc fallu faire appel aux Laboratoire Pierre Fabre de Gaillac qui ont démontré l’industriabilité du processus. Ce qui fut fait et permit à SICA de déposer une demande de création d’une unité de production d’agro-carburant en décembre 2005, demande accordée en mars 2006 par le gouvernement.
Pour SICA Atlantique, qui détient les droits d’exploitation exclusifs du brevet, toutes ces étapes qui ont duré quelques années, étaient un préalable à toute mise en place d’un outil de production sur le site de La Rochelle. Et bien évidemment, tous ces travaux ont été suivis d’une part par les bailleurs de fond (Région, Etat, Oséo/ANVAR) qui voulaient avoir des résultats tangibles pour continuer leur action et d’autre part, par les industriels et partenaires de SICA.

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