Société 

Vers la fin de la pénurie ... (2nde partie)

Phénomène débuté dans les années 60, l’engouement des français pour la navigation de plaisance ne cesse de croître, y compris dans la Charente Maritime. Les grandes installations de la façade atlantique et les petits ports de l’estuaire sont saturés, les listes d’attentes s’allongent. Mais différents projets sont àl’étude, qui pourraient apporter des solutions dans les semestres àvenir.
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Il serait en effet assez logique que les ports du département soient rattachés au département, et s’intègrent dans les plans d’aménagement à long terme que forme et prépare le Conseil Général. Dans un département aussi ouvert sur l’eau que l’est la Charente Maritime, la mise en valeur et l’exploitation raisonnée du littoral est en effet un dossier très important. D’ailleurs, le président de la SEMDAS, Jean Louis Frot, également membre du Conseil Général, confirme que les institutions et structures locales travaillent effectivement sur ces sujets qui pourraient bien aboutir l’année prochaine. Mais si ces réflexions prennent effectivement en compte la pénurie d’anneaux de plaisance, le point principal est de «  …continuer à mettre en valeur le littoral sans construire de marinas. La préservation de l’environnement, de la faune et de la flore est pour nous une priorité pour l’avenir ». Il n’est donc pas question de bétonner Talmont ou Port Maubert mais plutôt de continuer les aménagements doux comme à Vitrezay.
Ce qui est plutôt dans l’air du temps et probablement une bonne chose pour les générations futures mais ne va pas résoudre le problème des plaisanciers.
Sur ce point précis, les pouvoirs publics affirment être concernés mais restent très discrets sur les études et consultations menées. Comme râlait un autre capitaine de port : «  Les élus ont des projets dans leurs cartons, mais nous ne sommes pas officiellement au courant. Ca va nous tomber dessus quand ils le décideront  ».
3 axes de travail
Pour résoudre la pénurie d’emplacements tout en suivant la ligne générale de respect et de préservation de l’environnement, les professionnels du secteur que nous avons rencontré imaginent une hypothèse en 3 volets.
Tout d’abord, il faudrait opérer une sorte de redistribution, de réaffectation, des places dans les ports. En effet, bon nombre d’emplacements sont aujourd’hui occupés par des petites unités – les -8 mètres représentent environ 75% de la flotte, bien souvent à moteur, qui n’ont pas besoin d’autant d’eau que les voiliers. Il serait donc possible –utile ?- d’aménager de nouvelles zones peu profondes sans que cela ne nécessite de travaux très –trop- importants et d’y transférer ces embarcations. Embarcations qui peuvent également être «  parquées » dans des ports secs, sorte d’immenses casiers à bateaux aménagés à proximité d’un bassin de mise à l’eau. Il existe déjà de tels équipements dans le département, et 2 autres projets sont à l’étude. L’avantage de ce genre d’infrastructure est que la manœuvre de stockage/déstockage est très rapide et coûte relativement peu cher aux usagers. Les deux inconvénients principaux étant que ces dispositifs sont réservés aux bateaux à moteurs de moins de 7/8 mètres et dont le poids est inférieur à 1.000 Kg.
Et les investissements se chiffrent a minima en centaines de milliers d’euros – environ 5/6.000 euros la place, et un seuil de rentabilité généralement estimé à 150 emplacements minimum.
Pour les voiliers qui ont quilles et mats, ces casiers à bateaux ne sont pas adaptés. Le stockage se fait donc nécessairement à l’horizontale et les surfaces requises sont beaucoup plus importantes (environ 40 m² + circulations par bateau). Elles sont donc sont rares et chères. De telles implantations, a fortiori s’il n’est pas possible de toucher au littoral demandent donc des travaux d’aménagement et d’infrastructure lourds. (chenal, bassin, pont élévateur roulant, ...) et donc chers. Par contre, le prix de chaque place est beaucoup plus limité puisque, schématiquement, il suffit d’un quai, d’un sol stabilisé et de quatre bers. Il est estimé à quelques centaines d’euros par emplacement.
Autre contrainte, les temps de préparations et mise à l’eau sont beaucoup plus long que pour un in-board. Alors qu’un petit bateau à moteur peut être prêt à partir en 20 minutes, il faut compter au moins 2 heures pour un voilier et payer les personnels et les matériels, en plus de la redevance de l’emplacement. Néanmoins, un tel projet semble être sur le point d’aboutir dans le département pour ouvrir en 2009.
Dans un cas comme dans l’autre, -port sec ou parc à bateaux - il est nécessaire de construire des infrastructures on site (parking, zone de travail, …) qui consomment de la surface et/ou aménager des routes et moyens d’accès, ce qui ne peut se faire qu’avec la participation financière et l’adhésion/implication des pouvoirs publiques. Il faut également prendre en compte le fait que bon nombre d’usagers ne disposent pas de résidence sur place et que la fourniture de services de restauration, voire d’hébergement, et des zones d’intervention technique est un plus appréciable qui peut par ailleurs aider ou participer à faire tourner financièrement la zone.
Enfin, et dernier volet envisagé par les professionnels, «  … la mise en œuvre de moyens permettant d’exploiter des infrastructures existantes  ».
Comprenez, par exemple, la facilitation de l’accès à Port Médoc par le renforcement des navettes maritimes entre les deux rives de la Gironde ou/et l’autorisation d’en créer de nouvelles, privées. Sur ce dernier point, une liaison par bateaux taxis ouvrira prochainement.
Une autre alternative également évoquée, et qui intéresse également les parcs de voiliers, est la mise en place d’un service de convoyage qui permettrait au plaisancier de «  commander la mise à disposition » de son bateau au lieu et à l’heure de son choix. Mais les professionnels s’inquiètent de la rentabilité de tels services qui sont très saisonniers et demandent des personnels extrêmement compétents. De plus, cette prestation aura nécessairement un coût élevé, qu’il n’est pas certain que les plaisanciers habituels des Charentes soient prêts à payer. Mais si ce service est de qualité, il peut aussi contribuer à attirer une nouvelle clientèle et relever le panier moyen.
Si ces différentes suppositions prennent corps - ce que ne confirment pas les responsables que nous avons pu interroger même si dans l’ensemble ils ne démentent pas le propos général -, elles vont créer quelques changements et nécessiter du dialogue, des explications, des concessions et de l’adaptation. De même que l’extension prévue du port des Minimes, dont nous auront l’occasion de reparler dans un prochain article.
Bref, toutes choses qui prendront nécessairement du temps, la pénurie d’anneaux de plaisance va donc encore durer un peu.

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